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Une césarienne bien préparée, peut-être bien vécue

Lorsque l’on m’a annoncé que j’allais avoir le droit à une césarienne, tout s’est un peu plus écroulé. J’étais déjà restée allongée pendant 4 mois, j’avais suivi un régime de dingue et là je ne pouvais même plus accoucher « normalement ».

Puis à froid, j’ai réfléchi à tout cela. Je me battais depuis de si longs mois pour l’avoir ce bébé, quelle importance cela pouvait avoir la façon dont il naisse. En fait ce qui me génait le plus, c’était de ne pas avoir chéri près de moi. J’ai donc pris mon courage à deux mains lors du dernier rendez-vous, pensant qu’il faudrait batailler comme une dingue pour avoir ce droit. Même pas, la sage-femme a eu l’air presque étonnée que je pose la question, dans cette maternité, les papas sont les bienvenus au bloc.

Dès lors je me suis sentie plus légère, notre seule déception c’était le « rendez-vous ». Il devait naître tel jour à telle heure, on le savait, j’allais partir à la maternité comme on va chez son dentiste, enfin presque. C’était sans compter sur Dame Nature!

J’ai perdu les eaux 10 jours avant la date prévu, j’ai eu des contractions et tout et tout (je suis peut-être une des seules barrées à avoir adoré ça)! Une fois arrivée à la maternité tout s’est très bien passé. Anesthésie super, j’ai rien sentie, naissance de Titou avec son papa à côté de moi, j’ai même eu droit à un peau à peau avec mon bébé dans une chambre tamisée et mon chéri à côté, avant qu’ils ne me montent en salle de réveil, trop bien!

Je n’ai jamais eu ce sentiment qu’ont certaines femmes, d’avoir râté la naissance de mon fils. Certainement, parce que j’ai eu du temps pour me faire à l’idée.

Pour les suites : rien à signaler, Titou est né un matin, j’étais debout en fin d’après-midi, je me suis même douchée dès le lendemain matin. Je suis sortie 5 jours après. Je n’ai jamais souffert, tout au plus de petits tiraillements mais rien de méchant. Par contre j’ai fait attention de ne rien porté de lourd pendant un certain temps.

Voilà, je voulais juste vous faire partager une belle expérience de césarienne, parce qu’elles sont rares et que j’ai souvent croisé de futures mamans terrorisées à l’idées d’y passer.

Oui, un papa peut donner le bain et aimer ça

Ahhh le père, un poème. Trouver sa place entre maman et bébé, du moins essayer.
Mon chéri à moi, il a du s’y mettre de suite, césarienne oblige. Et tout bien réfléchit, c’était plutôt une bonne chose car avant la naissance il n’était pas tout à fait question de ça. Un peu maladroit, même beaucoup, il faut dire ce qui est, il n’était pas rassuré du haut de son mètre 80, à l’idée de tenir un nourrisson, de lui donner un biberon et encore moins de le mettre au bain. Trop petit, trop fragile. Ce que je pouvais très bien comprendre d’ailleurs.

Et pourtant, le jour J, pendant que j’étais en salle de réveil, l’infirmière a fait fi de toutes ces craintes et lui a collé son fils dans les bras sans trop lui demander son avis, genre à toi de jouer mon gars!

Et bien, à part un premier changement de couches catastrophe (un pipi et un caca sur le T Shirt de Papa…) il a assuré comme un chef. Non seulement ça, mais en plus il y a pris goût ! Bib de jour, bib de nuit, bains, il fait tout ce papa, et son fils adore ça ! 18 mois après c’est toujours papa qui donne le bain le soir et je vous dis pas le souk. Je les entends se marrer comme des baleines de l’autre côté de la maison, et Monsieur sort de là totalement trempé…Quant à ma salle de bains, une vrai piscine. Mais qu’importe, ils s’éclatent, et moi…

…vous avez vu comme je suis bien débrouillée pour récupérer un quart d’heure de tranquilité tous les soirs !

Allaitement ou biberon : laissons parler notre instinct

A peine pointé le bout de son nez, que Titou veut manger!

Là deux options, l’allaitement ou le bib.
L’allaitement, tout le monde connaît ses bienfaits pour l’enfant mais je ne pourrais absolument pas vous en parler car – certaines vont peut-être bondir- j’ai choisit de lui donner le bib. Ce n’est même pas que je n’ai pas pu, non, non, je n’ai juste pas voulu.

Alors mère indigne? Peut-être. Je me suis posée la question un moment.
En particulier le jour où j’ai fais ma première visite à la pmi pour faire peser Titou. J’étais rentrée de la maternité deux jours avant et ma césarienne me titillant encore un chouille, Maman m’avait accompagnée pour m’éviter d’avoir à porter le couffin.

Arrivées à la pmi, nous sommes prises en charge par une puéricultrice à priori charmante. Je dis bien a priori. Elle pèse mon bébé, me pose quelques questions pour savoir si tout se passe bien depuis mon retour.
Première erreur : Je lui demande s’il est possible que je n’entende pas mon bébé pleurer la nuit (oui je me suis fait des flippes un peu bizarre et alors?)
Première leçon de morale : “Comment? votre bébé ne dort pas dans votre lit, mais vous ne vous rendez pas compte. Il a passé 9 mois dans votre ventre, la naissance est un moment très éprouvant, il doit sentir votre présence. Et encore, si vous avez peur de l’écraser (sans blague que j’ai peur, il y avait des affiches partout sur les murs de la mater à ce sujet ! ) vous le mettez dans un couffin au pied de votre lit, blablablabla….” Bref Mauvaise Mère +1.
Deuxième erreur : à la question “ça se passe bien l’allaitement?”, je réponds que je donne le biberon donc oui ça va, il mange bien.
Résultat : deuxième leçon de morale! J’ai eu le droit à un laïus à peu près de cet ordre : “Enfin madame, l’humain est la seule espèce animal à qui l’on donne le choix. C’est une honte, c’est contre la nature, vous ne pensez pas au bien-être de votre enfant etc etc…” devant mon air déconfit, elle finit par se calmer et m’explique qu’il faut que je  sache tout de même que je peux reprendre l’allaitement quand je le souhaite, que je suis programmée pour ça.” Jusque là, on peut se dire que c’est une fervente défenseuse de l’allaitement. J’acquiesce, pensant qu’elle va bien finir par passer à autre chose, mais la suite je ne m’y attendais pas.
D’un coup, elle se retourne vers Maman : “Et vous savez Madame, en tant que grand-mère de cet enfant, vous aussi vous pourriez l’allaiter, il suffirait de le mettre au sein pour que vous ayez une montée de lait!” Silence. Ma mère et moi nous regardons, horrifiées, je reprends ma crevette, le rhabille dare-dare et file sans demander mon reste.
Inutile de préciser que je n’y ai plus jamais mis les pieds !

Suis-je une aussi mauvaise mère que ça parce que je n’ai pas allaité mon fils? En fait je ne crois pas. L’allaitement ne me disais rien, mais alors vraiment rien et nourrir mon fils totalement stressée et à contre-cœur je ne suis pas sûre que cela aurait été vraiment bénéfique pour lui. Quand je voyais toutes ces mamans qui faisaient de leur mieux à la maternité, en pleurant, et le bébé qui hurlait parce que ça ne marchait pas… croyez-moi que de voir le mien descendre goulument ces quelques millilitres de lait maternisé tranquillement, me faisait vraiment plaisir. Bien sûr, il y a toutes celles pour qui c’est un vrai bonheur, celles-là, quelque part, je les envie. Mais pour toutes les autres qui ne sont, comme moi, pas tout à fait convaincues de le vouloir, je n’aurais qu’une chose à dire : laissons parler notre instinct.

Qui sait, peut-être que pour le prochain nous serons prêtes….ou pas!